LE KIN-BALL ROULE SUR NEUCHÂTEL, AVANT D’ENVAHIR LA SUISSE?

25 Oct

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Sport insolite. Du 10 au 14 octobre passé a eu lieu à Neuchâtel le 4ème championnat d’Europe de Kin-Ball. Ce sport venu tout droit du Canada consiste à taper dans un ballon d’1m20 de diamètre de manière à ce que l’équipe adverse ne puisse le rattraper. Son principe de jeu basé sur l’égalité et la responsabilité des joueurs séduit de plus en plus de monde en Suisse.

Quentin Bohlen

Match Suisse (gris)-France (bleu)-Belgique (noir) lors des championnats d’Europe à Neuchâtel. (Photo: Vuitel Lucas)

Un ballon énorme qui se balade dans les airs après avoir été frappé par un bras, et quatre joueurs qui glissent dans tous les sens pour empêcher que le ballon ne touche le sol. Cette scène se répétera souvent dans ce sport peu commun que l’on nomme Kin-Ball.

Des règles originales

Trois équipes de quatre joueurs, les gris, noirs et bleus, s’affrontent sur un terrain de 21.40m². Le but du jeu est assez simple: frapper le ballon de 900 grammes et d’1m20 de diamètre sans que les adversaires ne le rattrapent. L’équipe qui attaque choisi son opposant parmi les deux autres couleurs (en général, celle qui a le plus de point) en criant «Omnikin», suivi du nom de la couleur. Si le ballon touche le sol, c’est le point pour les attaquants et l’équipe qui n’est pas active sur le moment. La première des trois formations qui gagne trois périodes de 7 minutes est déclarée vainqueur.

«Au début, on se dit que c’est facile. Mais c’est un sport très explosif, qui demande de la technique et beaucoup de tactique. C’est une discipline complète qui oblige à être attentif aux adversaires et à être en phase avec ses coéquipiers», explique Johan Göri, président, entraîneur, arbitre et joueur du Kin-Ball Club Neuchâtel. L’attaque demande beaucoup de force dans les bras, mais aussi de la technique. «Il ne faut pas taper avec le poing, mais avec le devant du bras. Les meilleurs frappeurs envoie la balle à 80 kilomètre heures», précise Johan Göri. La défense quant à elle est plus tactique. Il faut bien se positionner et souvent glisser pour frapper la balle avec le pied afin d’empêcher qu’elle ne touche le sol.

Des origines québecoises

C’est le professeur d’éducation physique Mario Demers qui a inventé ce sport en 1986 au Québec. «Son objectif était de créer un sport pour les écoliers où personne n’est laissé pour compte. Tout le monde a des responsabilités et est égal dans le jeu», explique le président du Kin-Ball Club Neuchâtel. C’est ainsi que tous les membres de l’équipe doivent impérativement toucher le ballon pour qu’il soit frappé. Si à la base, le sport était destiné aux écoles, car «il reprend les principes pédagogiques et fondamentaux du travail de groupe», précise Johan Göri, il est vite pratiqué par les sportifs au Québec. Des championnats composé de plusieurs ligues y sont organisés mais les joueurs restent amateurs. Avec ses 30’000 licenciés, le Canada est le pays où le sport est le plus populaire. Suivent le Japon puis les Européens: France et Belgique en tête.

Le Kin-Ball en Suisse

Depuis 2009, la Suisse se met au Kin-Ball et c’est Neuchâtel qui en est la capitale. C’est le Québécois Martin Barrette, établi à Neuchâtel, qui a amené la discipline en Suisse. Avec une équipe de collègue de professeurs de sport ils participent aux championnats du monde au Canada. C’est à leur retour qu’est créée la Fédération suisse de Kin-Ball. Un championnat est alors mis en place: «L’année passée nous étions seulement deux clubs, Neuchâtel et Bienne, formant en tout 5 équipes. Mais cette année, Lausanne et la Chaux-de-Fonds vont rejoindre la Fédération. Cela devrait nous permettre d’être entre 7 et 8 équipes pour le début du championnat en novembre», raconte le président du Kin-ball Club Neuchâtel.

Le peu d’équipes présentes en Suisse oblige à la mixité, ce qui n’est pas le cas dans les grands championnats comme au Québec, où femmes et hommes ont chacun leur ligue. Mais depuis quelques temps, de plus en plus de personnes s’intéressent au Kin-Ball, en Suisse romande principalement. C’est ainsi que des petits clubs de juniors se forment, ce qui permettra, selon Johan Göri, de bientôt créer un championnat pour les plus jeunes. Son extension reste pourtant cloîtrée en Suisse romande, qui compte actuellement une centaine de licenciés. «C’est certainement dû au fait que le sport s’est répandu depuis Neuchâtel et que la Fédération est gérée par des romands. La faible médiatisation du sport le rend aussi difficile à exporter», explique Johan Göri. Son succès se fait pourtant sentir car c’était la première fois que des pré-sélections étaient mises en place pour constituer l’équipe pour les championnats d’Europe. Ces derniers ont été organisés à Neuchâtel il y a dix jours et ont permis de rendre la discipline un peu plus connue. «La compétition a bien marché. Il y a eu environ 500 spectateurs qui sont venus voir et la Suisse a fini 2ème chez les hommes», raconte le joueur. En plus de la Suisse, la Belgique, la France et l’Espagne ont participé, amenant chacun une équipe féminine et masculine.

Et pour le futur?

Les championnats du monde et d’Europe ont lieu en alternance tous les deux ans depuis 2001. Au niveau international, il y a une Fédération qui est gérée en grande partie par les canadiens. Tandis qu’en Europe, il n’y a pas de Fédération commune, c’est à chaque pays de s’organiser. Les prochains championnats du monde auront lieu l’année prochaine à Liège, en Belgique.

L’objectif du président du Kin-Ball Club Neuchâtel est clair: «Promouvoir le sport en Suisse afin qu’il y ait de plus en plus d’équipes pour agrandir le championnat.» Mais son but entant qu’entraîneur diplômé est aussi de former des professeurs de sport pour qu’ils puissent l’enseigner aux enfants dans les écoles, car il ne faut pas oublier que ce sport leur était d’abord destiné. «A Neuchâtel, bientôt toutes les écoles disposeront du matériel nécessaire pour le Kin-Ball. Sa pratique commence aussi à se mettre en place dans le canton de Vaud et au Jura.» Alors à quand le remplacement des ballons de foot pour ceux du Kin-Ball dans les cours d’écoles?

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